La Compagnie des Gens
Avatars
De Jacques Senelet.
Librement inspiré de Plaute,
Aristophane et Molière.
©Thomas JOURNOT
Plantons d’emblée le décor : une ville imaginaire d’hier ou d’aujourd’hui balayée par le vent fripon de la mythologie. La guerre fait rage au dehors tandis que dans les faubourgs gronde la révolte des femmes, lassées du joug masculin. Il faut dire que la propension des hommes à vouloir tout régir, leur goût immodéré pour le fait militaire, les banquets orgiaques et les parties de chasse ont en effet de quoi alimenter le courroux de leurs compagnes. La prise de conscience va s’organiser autour de Calliope, animatrice frondeuse d’un groupuscule féminin qui s’est donné comme principal objectif de faire cesser la guerre.
Le moyen pour y parvenir ?... la grève… mais une grève d’un caractère particulier...
Parallèlement à cette histoire, voyons comment Zeus a entrepris la conquête amoureuse d’Alcmène, épouse du Général Amphitryon, éloigné du domicile conjugal pour cause de campagne militaire.
La beauté légendaire d’Alcmène a retourné les sens du patron de l’Olympe au point qu’il n’hésite pas à emprunter les traits augustes du mari afin de gagner les faveurs de la dame.
Il sera accompagné dans sa tentative de mystification par son propre fils Hermès chez qui l’idée d’endosser la défroque roturière de Sosie, esclave d’Amphitryon et époux de Calliope, ne rencontre qu’un enthousiasme modéré.
L’histoire se corse encore avec le retour inopportun du véritable Sosie sommé par son maître d’aller porter à Alcmène la nouvelle de sa victoire. Le courage très relatif de notre homme est bientôt mis à l’épreuve lors d’une rencontre intempestive avec… lui-même... Se croit-il d’abord le jouet d’une hallucination due à l’abus de vin résiné, qu’il apprend bien vite, à son corps défendant, combien il est difficile de résister à la dialectique du coup de bâton.
C’est l’esprit de farce qui prévaut dans Avatars, histoire de revisiter avec impertinence et polissonnerie les grands mythes fondateurs, de stigmatiser avec les armes de la dérision, le machisme, l’injustice, l’abus du pouvoir.

LE WHO’S WHO d’AVATARS
©Thomas JOURNOT
ZEUS : Le patron. Dans l’imagerie populaire Zeus est célèbre pour son utilisation abusive de la foudre et du tonnerre ainsi que pour ses innombrables aventures. Pas bégueule pour un sou, la libido un tantinet éclectique, il se commet indifféremment et sans retenue avec toutes les créatures qui retiennent son attention, déesses ou mortelles, mâles ou femelles, humaines ou animales. Parmi les membres éminents de sa riche descendance, citons : Arès, Athéna, Dionysos, Hermès, Apollon, Aphrodite, Héraclès, Persée, Castor et Pollux, etc…
HERMES : Fils de Zeus, né pour être le tourment des hommes mortels et des dieux immortels, il est, selon les auteurs, le père de dieux rustiques à la sexualité débridée tels Pan ou le dieu phallique Priape.
Il est la personnification de l'ingéniosité et de la chance. C'est le dieu du commerce, des voyageurs et des voleurs ainsi que des orateurs ou des prostituées. Râleur, atrabilaire, fourbe et brutal, il ne manque cependant pas d’humour ni de lucidité. Dans Avatars, il est le « Jiminy Cricket » de son père, sa bonne conscience ; enfin c'est vite dit. Malgré tous ses efforts, Hermès ne parviendra pas à dissuader le Patron de L’Olympe de conquérir Alcmène.
HERA : épouse de Zeus, elle est la gardienne de la fécondité du couple et des femmes en couches. Les infidélités de Zeus sont la cause de fréquentes disputes entre les divins époux.
De notoriété publique, sa vengeance est toujours terrible, souvent démesurée.
Quand il lui arrive de prendre une voix doucereuse pour s’adresser à son cavaleur de mari, le pire est à craindre.
AMPHITRYON : Général Thébain, mari d’Alcmène. à son retour de la guerre, il est scandalisé de constater qu' Alcmène n'est pas surprise de le voir. Elle lui affirme qu'il est revenu la nuit précédente…
Imbu de lui-même, autoritaire, monolithique, indécrottable va-t’en-guerre, Amphitryon n’inspire guère la compassion au fantassin de base qui peut légitimement se réjouir d’assister aux déconvenues conjugales du généralissime. L’honnêteté nous oblige toutefois à préciser qu’il a pour son Alcmène, d’adorables égards. (dixit elle-même.)
©Thomas JOURNOT
SOSIE : Esclave d’Amphitryon. Mari de Calliope. Dans l'intrigue de l’auteur latin Plaute, Hermès prend l'apparence de Sosie d’où l'origine du nom commun. Archétype du serviteur Poquelinesque, ancêtre de Sganarelle, d’Arlequin, de Charlot, du valet Matti, Sosie représente à lui seul, le petit peuple des faubourgs, la soldatesque sacrifiée, l’éternel prolétaire dont les lendemains déchantent.
Hâbleur, ivrogne, drôle et parfois touchant, il doit à sa couardise d’avoir survécu aux combats, et c’est pour lui un titre de gloire dont il n'est pas peu fier.
CALLIOPE : Servante d’Alcmène et compagne de l’esclave Sosie. Dans la mythologie grecque, Calliope est la muse de l’éloquence. Dans Avatars elle est la meneuse, l’organisatrice.
C’est avec détermination, malice et courage mais non sans difficulté qu’elle conduit la lutte des femmes. Qualifiée de « maudite suffragette » par ses mâles adversaires, elle use d’une dialectique sans faille pour faire valoir des droits pour le moins légitimes.
Les autres personnages d’Avatars sont de pure invention.

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