La Compagnie des Gens
Les Gens au pays des Pharaons
Jour 16 - 14 avril 2012: YACOUBIAN
Retour à la veille.
Zabeth et Leslie sont allées visiter le site de Gizeh, très proche, à l'Ouest du Caire.
C'est là où se trouvent les célèbres pyramides de Khéops, Khéphren et Mykérinos, ainsi que le Sphinx.

Aujourd’hui, c’est jour d'emplettes et surtout de la recherche de l’immeuble Yacoubian.

Passage obligé pour tous, la place Tahrir, où se dressent des portraits de martyrs, symboles de la révolution égyptienne qui éclata ici même le 25 janvier 2011.

Toujours pas d'immeuble Yacoubian. Sabine, Bob et Michel se font trimbaler en tout sens par des rabatteurs, tournant autour de l’immeuble sans jamais y parvenir.
Jacques emmène quant à lui Gérard au souk, car celui-ci veut s'acheter une "chicharde".

Babette, dans une autre équipe,
atteint enfin notre objectif.

Elle a trouvé un passage vers Yacoubian building, qui est en partie un hôtel désormais.



Le soir, nous sommes invités par Mohamed, chez ses fils.
Plats typiques, ambiance chaleureuse, conviviale, même quand il s’agit de politique.
Mohamed nous apprend entre autres, que le candidat salafiste ne pourra pas se présenter à l’élection présidentielle car sa mère disposait d’un passeport américain...

Jour 17 - 15 avril 2012: Monsieur Ibrahim
Jacques, Zabeth et Michel partent en balade.
Première étape : le quartier copte.
Nous décidons de gagner Mar Girgis (Saint-Georges) en taxi. Et là, nous découvrons un Caire que les touristes ne fréquentent guère.
Plus de macadam, des rues défoncées, réduites de moitié par l’accumulation des immondices… Une crasse, une misère, phénoménales… Le spectacle est hallucinant.
C’est aujourd’hui la pâque orthodoxe. Mais l’affaire ne se présenta pas comme prévu. Le métro semble ne pas vouloir démarrer d’El Maadi...
On est au bord de l’émeute autour de la cabine du conducteur. Stoppée par un vent de panique quand les portes des voitures se referment. Nous prenons la rame suivante mais sommes à nouveau bloqués deux stations plus loin, à Dar el Salam.
Jacques veut d’abord prendre des nouvelles de M. Ibrahim. Il a découvert ce personnage lors de sa première visite en Égypte : il déclamait des alexandrins français, du Corneille, du Racine… Depuis, il n’a jamais manqué de venir le saluer à chaque fois que la Compagnie séjournait en Égypte.
Quelle émotion. M. Ibrahim est toujours vivant : il a 93 ans. Il a toute sa tête et s’exprime dans un très bon français.
Son fils qui tient l’échoppe voisine nous apporte une photo du temps de la "splendeur" de son père.
Ibrahim a travaillé dans les banques, aujourd’hui, au besoin, il mendie…
Le taxi est contraint de faire 20 km pour nous déposer à 2 km à vol d’oiseau car il n’y a pas de route plus directe entre ces deux quartiers.
L’entrée du quartier copte est bouclée par des barrières gardées par des policiers.


Le cimetière copte est étrange. Les mausolées sont de petites maisons, certaines avec terrasse et fenêtres.

On sent flotter comme une odeur de barbecue. Et cette porte où les tétons des danseuses sont ostensiblement pointés…


Nous visitons l’église Sainte-Barbara, longeons Saint-Georges en rénovation. C'est une église dite "suspendue" car elle a été construite sur de très hautes fondations au-dessus du sol.
Les Coptes sont les premiers chrétiens, ils apparaissent au Ier siècle.
Saint-Marc est, pour eux, le premier patriarche et la lignée est ininterrompue jusqu’à nos jours.


Sur la route menant à notre étape suivante, nous croisons un drôle de manège.

Nous devons emprunter la Corniche puis une passerelle pour enjamber le Nil et gagner l’île de Rudah.

Au moment où nous franchissons la passerelle, des coups de feu éclatent sur la Corniche. Les enfants présents sur la passerelle sont ameutés par un plus grand. Ils se regroupent et se précipitent sur l’île.

Michel voit trois policiers se lancer dans une poursuite vigoureuse armés de leur longue matraque.
Nous retrouvons la paix au bout de l’île où s’élèvent différents lieux culturels.
Le musée dédié à la chanteuse Oum Khaltoum
Le Nilomètre
C'est un édifice unique construit pour mesurer les crues du Nil. Le lieu est magique.

Dos à une autre petite île qu’étreint le Nil, Jacques s'interroge...
Dans l’Égypte que nous quittons demain, on peut voir une synagogue construite sur une église chrétienne du VIIe siècle, dans un quartier chrétien... On peut voir le dôme d’un église arménienne catholique côtoyer un minaret... Pour combien de temps encore ?...

Jour 18 - 16 avril 2012: ÉPILOGUE
Aujourd'hui voit malheureusement la fin de notre odyssée au Caire. Il s’agissait de notre septième tournée en Egypte et mon petit doigt me dit que la huitième est déjà en germe...

L’expérience fut une fois encore, incroyablement enrichissante sur le plan humain et artistique.

Avatars, treize ans après sa création, a fait l’unanimité auprès des 800 spectateurs du Festival du Lycée Français du Caire dont les organisateurs, attentifs, engagés, sans peur et sans reproche nous ont reçus comme des princes...

La troupe y a parfaitement joué son rôle d’ambassadeur d’un théâtre populaire et festif...

Les égyptiens englués dans une situation sociale et politique chaotique n’ont cependant pas ménagé leurs efforts pour que notre séjour se déroule dans les meilleurs conditions possibles, faisant toujours preuve d’une gentillesse incroyable à notre égard...

Bref, Yaïsch Masri. Vive l’Egypte. Wé choukrane gazulan Olivier, Laurence, David, Jean-Philippe, Jean-Pierre, Bernard, Jamil, Nelly, Nagui, Ibrahim, Alaa, Mohamed, Gamal, Tareck, Pierre, Jean-Christophe, Françis... et tou(te)s les autres.

Vous pourrez d’ailleurs retrouver tout ce joli monde dans le documentaire de Pierre Cholbi qui passera sur France 3 le dimanche 6 mai à 11h25.
Nous repartons donc, comme toujours, avec des souvenirs plein la tête ; de belles images peuplant nos esprits et des anecdotes pour remplir nos bagages.

Maintenant, l’heure est à la préparation de la vingt-quatrième édition de notre spectacle estival, ce rendez-vous tant attendu par le public châtillonnais. Odyssée.... j’ai dit Odyssée ?...

Maassalama.

Un grand merci tout personnel à notre Président, Michel Auguste, pour son travail de prise de photos, sélection, description et envoi quotidien de celles-ci, sans qui la réalisation de ce journal de bord n'aurait pas été possible, et qui m'a permis de partager, et de vivre à ma manière, l'aventure de mes collègues partis au pays des pharaons...

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