La Compagnie des Gens
Cavalerie Rouge
D'après Isaac Babel
En co-production avec
le Théâtre Gaston Bernard.
"C’est horrible, la façon dont nous apportons la liberté"
Cavalerie rouge est un récit de contrebande, une épopée de brigands qui chante à sa manière bien peu orthodoxe, les exploits de l’armée révolutionnaire. Les personnages rencontrés dans cette vaste fresque sont dessinés dans leur profonde humanité à la fois sublime et atroce, la beauté y côtoie l’horreur, le lumineux ciel étoilé de Galicie recouvre les champs de batailles jonchés de corps mutilés.
La vivacité du style et de la langue toujours inventive de Babel, transmet de manière éblouissante l'effroi que suscite le monde féroce des cosaques au combat, ces cosaques engagés dans l’Armée Rouge mais dont les convictions politiques resteront souvent assez floues.
Recueillant les paroles qui fusent dans les bivouacs, Babel raconte avec force la geste cruelle des hommes et des chevaux, ces chevaux aux prénoms humains (Stepane, Misha...) compagnons de gloire et de misère du cosaque et dont la mort provoque souvent chez lui, un deuil plus profond que celle de leur camarade. Tout en éprouvant une immense compassion pour les victimes, ainsi, il faut bien le dire, qu’une fascination ambigüe pour ceux qui tuent, le camarade rédacteur ballotté dans la folie guerrière ne s’interdit pas pour autant de rêver et de faire jaillir, de temps à autre, un rire tonitruant, rabelaisien, comme antidote à ce requiem interminable.
Cavalerie Rouge sur la scène?...
Outre la qualité littéraire de l’oeuvre de Babel, nous avons voulu explorer dans Cavalerie Rouge tout ce qui en fait un témoignage unique sur le sens de l’Histoire en tant que théâtre de la vérité humaine. Pour cette raison, nous avons fait le choix de mêler des pages de son journal aux nouvelles du recueil, replaçant ainsi le cours du récit dans la chronologie.
C’est bien l’humanité profonde de Babel, son empathie, sa lucidité sans concession, mais aussi et surtout son fantastique pouvoir d’évocation de cette armée chaotique de paysans guerriers, qui ont guidé notre choix pour la réalisation de ce spectacle narratif et musical où morceaux Yiddish et chants traditionnels Ukrainiens (l’âme juive de Babel par le violon de Richard Schmoucler dialoguant avec son âme slave par la voix de Christine Bertocchi) accompagneront au botte-à-botte et en direct le récit du camarade Kirill Vassilievitch Lioutov.
Et puis, enfin, nous est venue l’idée, nécessaire et périlleuse, d’installer, à nos côtés sur la scène, le témoin privilégié de toutes ces histoires : le cheval.
Confident silencieux et sensible, masse inquiétante et tranquille, c’est à lui que nous conterons la geste insensée des cosaques de la terrible Cavalerie Rouge... et si par bonheur, il y a des êtres humains pour écouter...

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